Mégaphorbiaies


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Luc GARRAUD - CBNA
Mégaphorbiaie

Les mégaphorbiaies sont des milieux humides luxuriants. Ils sont composés d’espèces herbacées à feuilles larges très recouvrantes, mesurant entre 30 cm et 2 m de hauteur.

En plaine, ces milieux se retrouvent :
  • sur les rives des cours d’eau ;
  • à proximité des marais ;
  • dans les prairies humides délaissées ;
  • en lisières de forêt.
Aux étages montagnard et subalpin, les mégaphorbiaies se rencontrent essentiellement :
  • en bordure de forêt ;
  • sur les pentes humides ;
  • dans les combes froides des versants ombragés.

Un milieu d'opulence

Les mégaphorbiaies s’installent sur des sols humides et profonds, enrichis en nutriments par la décomposition des débris végétaux de l’année précédente. La bonne disponibilité en eau associée à la bonne fertilité des sols favorisent le développement d’espèces opulentes à forte évapotranspiration. Ces espèces exercent entre elles une forte compétition pour la lumière.
La présence des hautes dicotylédones hygrophiles distingue les mégaphorbiaies des prairies humides, plus riches en cypéracées et graminées.


Un refuge pour la biodiversité

Les milieux humides sont de plus en plus rares, particulièrement en région méditerranéenne. Les mégaphorbiaies constituent parfois un ultime refuge pour les espèces végétales et animales des zones humides.

Dominée par des plantes très nectarifères, la végétation offre une source de nourriture importante pour l’entomofaune (lépidoptères, diptères et hyménoptères). C’est tout particulièrement vrai dans les secteurs de cultures intensives. Elle attire également de nombreux animaux insectivores.

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Gilbert BILLARD - CBNA
Adénostyle à feuilles d’Alliaire en floraison


Evolutions du milieu

En plaine, les mégaphorbiaies sont souvent d’origine anthropique. En l’absence d’activités humaines, elles évoluent naturellement vers des fourrés humides puis vers des boisements humides composés de saules, aulnes, érables et frênes. Cependant, cette évolution est lente car la germination arbustive est freinée par le couvert dense des hautes dicotylédones bloquant l’accès à la lumière.
A l’inverse, le rajeunissement des milieux, à l’occasion d’un défrichement de ripisylve par exemple, peut être favorable au développement de mégaphorbiaies.
En altitude, ces végétations sont plus stables car moins concurrencées par la dynamique ligneuse.


Menaces

Ces milieux fragiles évoluent rapidement vers des prairies s’ils sont fauchés ou pâturés. Certaines mégaphorbiaies sont en régression notamment à cause de :
  • l’assèchement ou la destruction des zones humides ;
  • la mise en culture ;
  • l’eutrophisation des milieux entraînant un glissement vers des groupements eutrophiles de moindre intérêt dominés par l’ortie ;
  • la gestion et l’aménagement intensifs des rives de cours d’eau ;
  • la colonisation par des plantes exotiques envahissantes (renouées, solidages, Balsamine de l'Himalaya…).
Bien que parfois détruites par les travaux forestiers, les mégaphorbiaies d’altitude sont globalement moins menacées.


Les mégaphorbiaies représentées au jardin de Gap-Charance

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